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CHRONIQUE : Tirer profit de la démission de Houngbo

18 juillet 2012, par La Rédaction

Tirer profit de la démission de Houngbo

Après Koffi Kounté, c’est Gilbert Houngbo qui rend le tablier dans des conditions sans doutes obscures. Le premier n’a pas survécu à l’épreuve de la vérité d’un rapport commis par l’Etat, le second est l’une des victimes de la tension pré-électorale.

Bien que les deux événements n’aient pas la même portée, ni les mêmes conséquences, réelles ou supposées ont en commun d’être la résultante d’une certaine idéologie malheureuse qui veut que la raison de certains Togolais soit toujours la meilleure, sans raison.

En vérité, autant Koffi Kounté a craqué du fait de l’impertinence et de l’extrémisme de quelques compatriotes qui abusent visiblement de leur autorité et de leurs privilèges, autant la démission de Gilbert Houngbo apparaît comme une conséquence, immédiate ou lointaine, des maldonnes ainsi que des querelles entre l’effort de modernité et l’instinct de conservation. A l’évidence, l’épisode de la démission de Gilbert Houngbo soulève pour notre pays deux grands enjeux.

Le premier est l’existence et, pis, la survivance dans le pays de ce que la CDPA a appelé les forces invisibles hostiles à toute modernité, réfractaires à tout changement, allergiques à toute idée d’alternance politique. Même si ces forces ne sont invisibles qu’en apparence, il faut s’inquiéter de ce que leur survivance fait courir de grands risques à notre pays.

Le statu quo qui est leur souhait est un moindre mal. Il faut craindre pour le pays un pourrissemnt éventuel de la crise permanente dont personne ne peut présager l’aboutissement. Car si l’excès d’un très grand bien devient un mal très grand, l’excès d’un très grand mal ne peut produire que moisissure, pourriture et calamité. On ne le souhaite pas à notre pays mais une question demeure : que fait-on vraiment pour éviter au pays un pourrissement aux conséquences insoupçonnables ?

Le second enjeu est de savoir si le Togo peut tirer le meilleur profit de la situation créée par la démission de Gilbert Houngbo. Quelle que soit la cause de cette démission, le plus important reste ce qu’on va en faire, ce qu’on peut en faire pour le bien du pays, pour le bonheur des citoyens.

L’idéal qui est d’ailleurs à présent une nécessité veut que tout se fasse de sorte que les conditions d’une résolution définitive de la crise politique soient créées. Un gouvernement d’union nationale, on en parle encore, n’est pas une solution, puisque ces gouvernements ont montré brillamment leurs limites, l’UFC et M. Olympio n’en diront pas le contraire.

Que peut-on attendre d’un gouvernement d’union nationale si celui-ci doit compter avec l’opposition des forces invisibles ? N’est-ce pas d’ailleurs ces forces invisibles qui ont fait échouer les différents gouvernements d’union ou d’ouverture ?

Par contre, si le dialogue apparaît incontournable, il ne faut plus faire un dialogue politique comme on en a fait jusqu’alors. Il faut un dialogue général où pouvoir, opposition et surtout forces de sécurité et de l’ordre vont chercher la bonne solution au problème politique du pays. C’est un défi à relever.

Que la Providence veille sur notre pays et lui épargne le pire.

Kodjo Avouletey, Legende FM-Lomé

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