13 juillet 2012, par La Rédaction
TOGO : LITANIE DE PROMESSES NON TENUES PAR LE CHEF DE L’ETAT du 10 juillet 2012
"Dans la sous-région et un peu partout dans le monde, un lapsus se glisse dans les discours dès qu’il s’agit pour les uns et pour les autres de nommer le président de notre pays. Faure Eyadèma, entend-on souvent dire, pour parler de Faure Gnassingbé. C’est un lapsus, c’est de l’ignorance même, c’est évident, cependant, la tentation est forte de croire qu’il peut ne pas être gratuit.
La tentation est forte de croire qu’en se trompant de nom et peut-être de personne, les uns et les autres insinuent sans le savoir une réalité malheureusement déplorable.
La tentation est forte de croire ainsi que le lapsus qui fait dire FAURE Eyadèma au lieu de Faure Gnassingb » est l’expression de la survivance malheureuse des pratiques abjectes caractéristiques de l’ère Eyadèma dans la gouvernance de son fils et successeur Faure Gnassingbé.
Ce n’est pas faux de le croire car depuis bientôt un mois, une chaine d’événements a fait éclater la vive évidence d’un retour en arrière.
Des signes inquiétants se sont confirmés, des pratiques abjectes sont devenues naturelles, normales et logiques. Violations des lois, violations des droits de l’homme, persécution des adversaires politiques, fuite en avant et abus d’autorité, partialité des forces de l’ordre et de sécurité, langue de bois et condescendance, la liste n’est pas exhaustive.
Tout cela irait de soi sept ans plus tôt car avec Gnassingbé Eyadèma, chacun savait à quoi s’en tenir, personne ne s’émouvrait si des gendarmes brisaient les portes du domicile d’un ancien président d’institution pour le menotter avec mépris, personne ne crierait au scandale face aux scènes de répression excessive et dégradante.
Tout cela irait de soi sept ans plus tôt car tout le monde sait qu’un figuier ne peut produire que des figues, un manguier des mangues.
Dès lors, les Togolais s’étonnent et s’inquiètent car à l’épreuve de la réalité, toutes les promesses faites et réitérées se révèlent des berceuses et des attrape-nigauds. Les Espagnols ont donc raison de dire que les promesses sont des trappes où se prennent les sots.
Bien entendu, les Togolais sont loin d’être des sots et on peut direr sans parti pris que leur adhésion aux discours du Collectif Sauvons le Togo par exemple est l’expression d’une déception et d’une désolation face à toutes les promesses non tenues.
Que sont devenues en effet les promesses de « lui, c’est lui ; moi, c’est moi », du « plus jamais ça », de la modernité et de la rupture ?
Que sont devenues les promesses contenues dans l’accord politique global ?
Que sont devenues les mêmes promesses plusieurs fois réitérées à la veille de chaque élection ?
Que sont devenues les promesses d’égalité de chance et de réconciliation ?
Que sont devenues encore les promesses faites aux étudiants, aux travailleurs ?
A chacun de répondre mais dans tous les cas les Togolais savent dorénavant à quoi s’en tenir puisque, ainsi que le dit un proverbe arabe « on connaît les hommes à la sueur et à la parole donnée ».
A chacun de répondre mais dans tous les cas beaucoup de politiciens de notre pays semblent avoir compris que tel fiance qui n’épouse point et que l’on promet beaucoup pour se dispenser de donner peu.
C’est ce qui explique la crispation et la montée subite de la tension politique dans le pays. C’est bien regrettable.
Que donc la Providence veille sur notre pays et qu’elle rappelle aux gens du pouvoir le proverbe latin lequel « même à un ennemi on doit tenir parole ».
Kodjo Avouletey, avec l’aimable autorisation de Radio Légende à Lomé-Togo