8 avril 2007, par CACIT.ORG
L’Accord politique Global signé le 20 août 2005 fait observer en son point 2.2 ce qui suit : « les parties prenantes au dialogue reconnaissent que l’impunité des actes de violence à caractère politique est un phénomène grave que le Togo a connu de tout temps, notamment à l’occasion des processus électoraux. Elles conviennent que toutes les forces vives du pays, en particulier les partis politiques et les organisations de la société civile doivent œuvrer activement à son éradication ».
Le collectif des Associations contre l’impunité au Togo, (C.A.C.I.T), association de la société civile, s’engage résolument dans la lutte contre l’impunité, qui a toujours régné au Togo, contre les crimes du régime « EYADEMA » et de son fils, qui lui a succédé, au mépris des textes de la Constitution du Togo et de toutes les règles fondamentales de démocratie et de liberté.
Que constatons-nous ?
Depuis la signature de l’Accord Politique Global, la mise en place des différentes structures prévues, en vue de la résolution de la crise sociopolitique que connaît le Togo, tarde à venir.
Parmi les engagements conduisant à la mise en place des dites structures, il est important de citer :
la création des commissions visées aux paragraphes 2.2 et 2.4 de l’accord, relatives aux questions de l’impunité, du pardon et de la réconciliation nationale
Le déploiement d’un contingent regroupant des forces de défense et de sécurité pour la sécurisation des processus électoraux à venir.
A nos yeux, la mise en place de ces dispositifs permettra une bonne organisation du retour des réfugiés et constituera un gage de sécurité et de confiance pour l’électorat.
Qu’a fait le C.A.C.I.T depuis sa création ?
Depuis sa création en novembre 2005, et enregistré en France en 2006, l’objectif principal du C.A.C.I.T est la lutte contre l’impunité. Le C.A.C.I.T a volé au secours de nos concitoyens issus de toutes les régions du Togo et victimes d’exactions et de violences ou dont les parents et enfants ont été massacrés par l’armée togolaise et des milices du régime. C.A.C.I.T les écoute, les aide à constituer des dossiers, à engager des procédures judiciaires « afin que la violence ne se nourrisse plus de l’impunité ».
Les procédures engagées ont connu, de la part de l’Etat, des blocages que nous nous employons chaque jour à lever.
Le C.A.C.I.T bénéficie aujourd’hui de l’assistance d’un Collège d’avocats, tant au Togo qu’en Europe, et plus particulièrement en France. Cette démarche devra permettre aux citoyens de ne plus avoir la peur au ventre pour dénoncer leurs tortionnaires et les criminels. De plus en plus de victimes s’adressent à l’Association pour se faire entendre et réclamer justice.
Des efforts tout particuliers ont été faits et continueront d’être faits pour légitimer notre association auprès des organisations défenderesses des droits de l’homme, des organismes des Nations Unies, des associations des grandes nations telles que Amnesty International qui reconnaît le bien fondé et la pertinence de nos actions.
Nous lançons un appel tout azimut, pour une assistance plus accrue et des aides multiformes dans le but de nous doter des moyens nécessaire pour mener à bien des actions plus efficientes.
L’apport de tous et de chacun est indispensable pour mener à bien cette noble tâche, particulièrement pour couvrir les frais de procédure et de justice. Nous avons déjà enregistré 500 dossiers. D’autres s’annoncent. A titre indicatif, la caution minima pour l’introduction d’un dossier est de 25000 FCA. Aussi nous vous invitons à consulter le site du C.A.C.I.T : http://www.cacit.org. Le projet de suivi des plaintes des victimes, avec en annexe le budget, y apparaît.
Ce site est ouvert et mis à votre disposition pour vous informer de même que pour enregistrer en toute transparence vos diverses contributions.
Au-delà ?
A ce jour, notre premier objectif est de faire éclore la vérité, que justice soit faite pour permettre que les préjudices subis par les victimes soient réparés. Et pour que l’histoire de 2005, (cortèges de morts et de blessés), ne se répète. La vigilance et l’abnégation dans la lutte contre l’insécurité et la violence doivent être de mise tous les jours, pour éviter que le prochain processus électoral annoncé ne subisse le même sort que les précédents.
Nos exigences ?
1. Que l’Accord politique Global soit respecté en son intégralité et que les décisions prises trouvent leur application effective.
2. Que toutes les dispositions soient prises pour assurer la participation des représentants non seulement de la société civile mais également des organismes défenseurs des droits humains.
A ce titre, C.A.C.I.T exige :
la constitution effective d’un Haut conseil de sécurité regroupant des représentants des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains, sous l’égide de la Commission des droits de l’Homme des Nations Unies, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine et de l’Organisation Internationale de la Francophonie.
le cantonnement de l’armée togolaise pendant la période électorale et le déploiement d’un contingent de forces de défense et de sécurité neutre.
La reconnaissance pour C.A.C.I.T du statut d’observateur des élections à venir.
La présence d’observateurs internationaux militaires de l’Union Européenne et des Nations Unies.
La nécessité d’un commandement neutre à la tête des forces de sécurité déployées pour la bonne tenue de ces élections législatives.
Pour le bureau exécutif de C.A.C.I.T international
Le président,
KOUMA Jérôme