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LA JOUISSANCE EFFECTIVE DES DROITS ECONOMIQUES ET SOCIAUX DES TOGOLAIS RELEGUEE AUX CALENDES GRECQUES

5 juillet 2010, par La Rédaction

Refus des autorités togolaises d’annuler la décision d’augmentation des prix de carburant : LA JOUISSANCE EFFECTIVE DES DROITS ECONOMIQUES ET SOCIAUX DES TOGOLAIS RELEGUEE AUX CALENDES GRECQUES

Voir un enfant affamé mourir de faim dans les bras de sa mère affaiblie aussi par un jeûne forcé, lire un article sur la répression des manifestants qui réclament l’amélioration de leur condition de vie, visiter dans un hôpital les pavillons des malades dont les visages sont animés de grande tristesse, ou encore assister à l’enterrement des victimes d’une inondation, tout cela déchire le cœur. Quelque chose de profond dit à tout être humain que ce n’est pas juste, que ce sont des victimes innocentes et qu’il ne devrait pas y avoir ce genre de souffrance dans un monde où les lois régissent les interactions des acteurs. Le droit est là pour la protection des citoyens contre des gens qui leur voudraient du mal. L’Etat en est le garant.

Suite à l’augmentation des prix des produits pétroliers, les syndicats ont décrété une grève servant de signal fort au gouvernement pour protester contre l’abus d’autorité des gouvernants. Mais à la dernière nouvelle il semble que cette grève ne tiendrait plus.

En effet, depuis un long moment les denrées de première nécessité connaissent sans précédant une hausse inimaginable, les Togolais en majorité vivent dans des logements vulgaires, dans des conditions de vie et d’étude horribles. Ce qui les a récemment le plus marqués c’est la flambée - sans concertation ni mesure d’accompagnement des prix des produits pétroliers- qui a eu une incidence majeure sur le coût de tous les produits sur le marché creusant ainsi le fossé de la misère du commun des Togolais. Comparé aux prix des produits sur le marché, le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), passé de 13.750 à 28.000 F CFA soit 42,68 Euros, est une preuve vivante de la misère ambiante qui plane au Togo. Ce SMIG est largement insignifiant quant à la satisfaction de tous les besoins qui se présentent de façon illimitée à l’homme. Ce qui est encore étonnant c’est que face à cette cacophonie les autorités togolaises campent sur leur position et refusent de diminuer le prix des produits pétroliers nonobstant les multiples manifestations et les menaces de grèves qui fusent de tous côtés. Les arguments évoqués à cet effet par certaines personnalités notamment le ministre du commerce ne sont pas convaincants et démontrent à suffisance le manque d’une réelle volonté de changement de la part des gouvernants togolais.

En effet, selon ce dernier le prix du carburant à la pompe dépend du prix du baril sur le marché international. La question relative à la caisse de péréquation que les analystes avertis adressent aux autorités compétentes ne semble pas les préoccuper. Une concertation entre certains responsables de syndicats et le gouvernement à la CSTT ce jeudi 1er Juillet qui va aboutir probablement selon certains journalistes à l’avortement de la grève annoncée pour le 2 Juillet, en guise d’avertissement, traduit une fois encore la machination à haut débit du régime en place. En fait, à l’issu de cette rencontre il semble, selon les dernières informations et indiscrétions, que le gouvernement prévoit diminuer le prix du carburant à hauteur de 20 F CFA le litre. A-t-on peut-être de nouveau diminué le prix de baril sur le marché international ? Si certains syndicalistes s’en contentent au point où ils pensent surseoir la grève d’avertissement prévue, il ne serait pas éphémère de s’interroger sur cette volte-face subite de la part des responsables qui sont censés défendre non des intérêts particuliers mais des intérêts généraux. Face à cela beaucoup pensent que les syndicats n’inspirent plus confiance. D’autres vont jusqu’à dire qu’ils sont corrompus. Il s’est agi d’augmenter arbitrairement le prix des produits pétroliers jusqu’à 75 F voire 85 F pour finalement bercer la population togolaise en procédant à la diminution de 20F. Un signe d’insensibilité à l’égard de ce peuple qui a tant supporté le poids de la misère ! Que représente vingt francs face au panier de la ménagère ? Absolument rien !

Il faut rappeler que lors des campagnes électorales passées le parti au pouvoir a dépensé, semble-t-il, des dizaines de milliards de francs CFA alors que le code électoral a prévu à cet effet un plafonnement de 50.000.000. L’on ne peut jamais oublier les affaires de corruption du FER et de bien d’autres sociétés étatiques. Ces crimes économiques dont les auteurs déambulent dans les rues de Lomé dans de gros véhicules précipitent le pays dans un gouffre insondable et sacrifient par ricochet les populations sur l’autel de désespoir tout en déballant dans la société une misère ambiante.

Eu égard à tout ce qui précède, une conscientisation des populations par le truchement de l’action des médias et de tous ceux dont la voix peut porter encore plus est nécessaire. Comme l’a si bien précisé l’article 25 de la déclaration universelle des droits de l’homme «  Toute personne a droit à un niveau suffisant pour (…) l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour leurs services sociaux nécessaires… », disposition corroborée par la constitution togolaise en son article 12 qui précise : « Tout être humain a droit au développement, à l’épanouissement physique, intellectuel, moral et culturel de sa personne », il est temps que les Togolais sans distinction aucune se lèvent tous et de manière concertée pour réclamer leurs droits sociaux, économiques et culturels qui sont quotidiennement foulés au pied. Que les Togolais cessent de se faire représenter par des syndicalistes en mission commandée. Il est à préciser que les syndicats sont les derniers ressors dans un pays où les politiques ont échoué. Les DESC seraient violés tant que les syndicalistes qui sont les porteurs de la voix des travailleurs seraient aux ordres des gouvernants. Mais l’on ose croire que tel n’est pas le cas des syndicalistes togolais, qui doivent procéder autrement s’ils veulent être crédibles aux yeux des syndiqués. C’est pourquoi l’on salue l’action de l’ATC.

Enfin, si les droits économiques, sociaux et culturels existent au Togo, et que c’est leur application qui pose problème, il faut que le gouvernement prenne les dispositions nécessaires pour arrêter ou faire arrêter des actions politiques dilatoires, et punir conformément à la loi tous ceux qui ont commis ou qui sont impliqués dans des crimes économiques. C’est par ce seul fait qu’il peut encore sauver sa face aux yeux du monde.

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