15 novembre 2010, par La Rédaction
Après la repression dont ils ont été victimes :
LES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME RECUS PAR LA MINISTRE DES DROITS DE L’HOMME
Une dizaine d’acteurs de la société civile togolaise membres d’Organisations de Défense des Droits de l’Homme (ODDH) ont été reçus vendredi 5 Novembre 2010 par Madame Leonardina Rita de SOUZA, ministre des Droits de l’Homme, de la Consolidation de la Démocratie et de la Formation Civique à son cabinet. Pour Madame de SOUZA assistée de certains de ses collaborateurs et d’un expert des Nations Unies en poste en tant que conseiller technique principal en droits de l’homme auprès du ministère, il était question de s’entretenir à bâton rompu avec les acteurs de la société civile sur la situation des Droits de l’homme au Togo.
Etant donné que cette rencontre intervient une semaine après la répression le 30 Octobre 2010, de la marche des organisations de défense des Droits de l’homme appelant à une manifestation pacifique pour réclamer plus de respect des droits de l’homme dans le pays, l’essentiel des discussions a tourné autour de cette question. Pour les Organisations de Défense des Droits de l’Homme, les propos négationnistes du président de l’Assemblée Nationale Abass Bonfoh qui nie les tueries de 2005, l’interdiction des manifestations pacifiques les jours ouvrables et à l’intérieur du pays, le maintien arbitraire en détention du Directeur Général du Réseau pour le Développement des Masses sans Ressources ReDéMaRe, un groupement d’intérêt économique, l’immixtion de l’exécutif dans le judiciaire sont quelques-uns des indicateurs inquiétants de la dégradation de la situation des droits de l’Homme et qui les amènent à descendre dans la rue. Selon les Organisations de Défense des Droits de l’Homme qui se sont dits consternées par l’attitude rétrograde des autorités togolaises, par cette répression, le fond a été touché et le préalable à toutes discussions passe d’abord par des excuses publiques de la part des gouvernants. Surtout que dans le cadre de cette manifestation pacifique du 30 octobre, les organisateurs ont pris toutes les dispositions exigées par la loi avant la tenue de leur marche. Une lettre avait, en effet, été envoyée depuis le 25 octobre au ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation pour l’en informer. Les ODDH expliquaient cette démarche par le fait qu’on est dans un régime d’information et non d’autorisation. Cela étant si la marche n’est pas autorisée, la logique aurait voulu qu’un courrier leur soit adressé en retour en ce sens. Ce qui n’a pas été le cas. Pire, elles découvrent sur les lieux des manifestations un fort dispositif de forces de l’ordre venus les réprimer et qu’elles croyaient au départ être là pour les encadrer. Et puisque dans la débandade qui a suivi les gaz lacrymogènes il y a eu des blessés, la saisie de plusieurs motos et vélos… devant la ministre, les ODDH ont exigé que dans l’immédiat ces questions soient réglées. Elles ont aussi profité de cette occasion pour remettre à la ministre le document de la déclaration qui devait être lue lors à la fin de la marche. Elles ont espéré que ces revendications soient transmises aux plus hautes autorités du pays afin que, le plus tôt possible, des réponses adéquates y soient trouvées.
Devant ses interlocuteurs, la ministre s’est abstenue de toutes garanties et a cependant promis discuter avec qui de droit pour voir le sort à réserver aux préoccupations des acteurs des Droits de l’Homme. Elle a souhaité l’instauration d’un cadre permanent de dialogue entre les ODDH et le ministère afin que, de façon récurrente, entre son département et la société civile, partenaire clé dans l’accomplissement de sa mission, puissent passer en revue les questions d’actualité relatives aux droits de l’homme et y trouver des solutions.
Fait à Lomé, le 08 novembre 2010
Le Chargé de communication, Sebastien SEGNIAGBETO