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Les partis politiques et la culture de la citoyenneté

26 juillet 2012, par La Rédaction

Les partis politiques sont des regroupements organisés qui rassemblent des citoyens unis par une philosophie ou une idéologie commune qui se proposent de peser sur le destin du pays en conquérant puis en exerçant le pouvoir. C’est donc une organisation au service d’une idée.

Le rôle essentiel des partis politiques est de participer à l’animation de la vie politique. Ils concourent à la formation et à l’expression de la volonté politique du peuple, à la consolidation de la démocratie et à la construction de l’unité nationale En plus de leur fonction de direction, ils doivent prendre à bras le corps l’éducation politique et civique des citoyens. Qu’en est-il des partis politiques togolais ?

Après les indépendances, la vie politique togolaise était caractérisée par le monopartisme. Selon les promoteurs du monopartisme, il faillait conjuguer les efforts de tous afin de promouvoir le développement économique et surtout de l’unité nationale. Mais dans les faits, il a été constaté qu’au-delà de ces idées nobles, les résultats ont été autres. Le monopartisme a entrainé avec lui, la dictature enchevêtrée de l’emprise totale du pouvoir avec son cortège de coup d’Etat, de privation de liberté, d’expression, d’association et des arrestations. Avec les contestations populaires de 1990 dans le but de rentrer dans l’ère démocratique, le Togo a vu le retour du multipartisme qui fut d’ailleurs constitutionnalisé en 1992. L’espace politique togolais est désormais occupé par plusieurs partis politiques.

Les partis politiques doivent à chaque fois revoir les dispositions inscrites dans les articles 6 et 8 de la Constitution togolaise, de sorte qu’ils contribuent à la structuration de l’opinion publique.En effet ces articles disposent : « les partis politiques et regroupements de partis politiques concourent à la formation et à l’expression de la volonté politique du peuple » ; « les partis politiques et regroupements de partis politiques ont le devoir de contribuer à l’éducation politique et civique des citoyens, à la consolidation de la démocratie et à la construction de l’unité nationale ». Ils doivent placer la citoyenneté positive - qui consiste à ne plus inciter leurs partisans à l’incivisme - au centre de toutes leurs actions politiques, économiques et sociales. Encadrer les citoyens et les sensibiliser au fait que leur devenir reste tributaire des initiatives qu’ils prennent et de la volonté de s’impliquer dans l’action collective. Plus particulièrement les partis politiques constituent l’instrument idoine pour initier tous les citoyens à une bonne implication dans la gestion des affaires publiques et la pratique de l’action politique dans son sens le plus noble. Pour cela, il ne pourrait y avoir de démocratie effective et concrète sans organisations politiques fortes et responsables.

C’est pourquoi, seule la mise à niveau des partis politiques qui se traduit par le renforcement du rôle des partis leur permettant d’apporter des réponses collectives, spécifiques et originales, à des questions sociétales très larges plutôt que de chercher à satisfaire des ambitions personnelles ou catégorielles, devrait leur permettre de retrouver de l’estime aux yeux des masses et de pouvoir jouer le rôle qui leur est dévolu, à savoir l’encadrement des citoyens, la prise en charge de leurs doléances et le contrôle de l’action du gouvernement. Partant de là, chacun doit assumer ses responsabilités et participer à imaginer des solutions aussi ingénieuses que réalistes aux difficultés économiques, culturelles et sociales, lesquelles ne peuvent être subordonnées aux échéances électorales, ni rester hypothéquées par elles. Cette mise à niveau doit s’appuyer sur des leaders forts, des hommes qui sont capables d’apporter des solutions aux problèmes et non sur des manipulateurs. C’est ce que tous les acteurs politiques, économiques et sociaux doivent comprendre. C’est une culture avec laquelle il faut désormais compter. Les dérapages des citoyens constatés lors des différentes manifestations au Togo de 2005 à nos jours, à savoir la destruction des biens publics plus précisément la destruction des pavés qui endommage d’ailleurs les routes et parfois des provocations à l’endroit des forces de l’ordre, montrent ce déficit des partis politiques togolais dans l’éducation citoyenne de leurs partisans. Ils doivent dès lors consacrer l’essentiel de leur travail de terrain à enraciner les valeurs de citoyenneté agissante, de respect de la chose publique, à initier les jeunes générations aux principes de la participation démocratique et à protéger celles-ci contre les fâcheuses retombées qui pourraient en découler. Ils ne doivent pas inciter leurs partisans à la violence, ni à poser des actes ethnocentriques.

Les partis politiques doivent reconnaître leur l’importance dans la vie publique et maintenant, devenir des institutions efficaces, crédibles et proches des citoyens. Ceci veut dire que les partis politiques doivent se mettre à niveau et travailler d’une manière rationnelle, notamment en opérant des regroupements pour mettre fin à la balkanisation du paysage politique.

En conclusion, ils doivent jouer un rôle majeur dans l’édification d’une société démocratique et pleinement épanouie avec l’émergence d’un paysage politique reposant sur des alliances fortes et des pôles se distinguant entre eux, non pas par la multiplicité des colorations politiques, mais par leur émulation autour de projets de développement bien définis. C’est ce que tous les acteurs, politiques, économiques et sociaux doivent comprendre. La rationalisation consiste au respect des règles de démocratie et de transparence tant au niveau de la création des partis et de leur programme qu’au niveau de leur organisation et financement. La préoccupation majeure des masses populaires est de disposer d’un travail qui leur assure le minimum requis pour mener une vie digne, et d’un revenu licite, adéquat et honorablement acquis.

Koudjovi GADJE sociologue, politologue et volontaire au CACIT.

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