19 août 2010, par La Rédaction
PARTICIPATION DU CACIT A L’ATELIER REGIONAL SUR LA PREVENTION DES CONFLITS EN PERIODE ELECTORALE
Thème : « Respect des normes et principes démocratique : facteur de prévention des conflits en période post électoral »
I- Introduction :
Dans le cadre de ses activités de renforcement des capacités des organisations de la société civile (OSC) en matière de l’appui de la gouvernance politique et à la prévention des conflits en période électorale au Togo, le Ministère des Droits de l’Homme, de la Consolidation de la Démocratie et de la Formation Civique a organisé un atelier régional sur la prévention des conflits en période électorale à FOPADESC à Lomé le 30 juillet 2010.
Placé sous le thème : ‘’Respect des normes et principes démocratiques : Facteur de prévention des conflits en période électorale’’, cet atelier a regroupé une soixantaine de représentants des organisations de la société civile (associations de jeunes, de femme, comité de développement, autorités religieuses et traditionnelles, des médias), des forces de sécurité, etc.…, venus de la préfecture du Golfe.
L’atelier a été marqué par trois importantes phases :
la cérémonie d’ouverture,
les communications et
les travaux en atelier.
II- La cérémonie d’ouverture :
La cérémonie d’ouverture proprement dite a eu lieu à Brother Home le 29 juillet 2010. Elle a été présidée par madame la ministre des droits de l’homme, de la consolidation de la démocratie et de la formation civique, Mme Léornardina R.D. WILSON de–SOUZA en présence de plusieurs personnalités au rang desquelles le chef de la délégation de l’Union Européenne au Togo. A la FOPADESC, le deuxième jour, la cérémonie d’ouverture à été présidée par M. DJATO Kanda, Directeur de la formation civique, représentant de madame la ministre et de M. ODIE Kossi N’kpako, directeur du renforcement de la démocratie. Après une introduction du directeur de renforcement de la démocratie, la parole fut donné à M. DJATO pour la lecture du discours d’ouverture de madame la ministre. Dans le discours de Madame la Ministre, elle a souhaité la bienvenue aux participants et remercié tous ceux qui ont de près ou loin contribué à l’organisation du présent ateliers, notamment l’UE et le PNUD. Dans la logique de son intervention, elle souligna que « la démocratie n’est pas parfaite, mais elle garantit des droits que sont la liberté d’expression et de parole, la liberté de réunion et la protection égale devant la loi, et elle favorise la croissance économique ». Ainsi, selon madame la ministre, aucune liberté acquise ne va cependant sans devoir à respecter. La démocratie est un phénomène planétaire que tous les pays réclament et expérimentent tout comme le Togo qui a adopté le principe d’un Etat démocratique ou la liberté de chacun de même que les droits et devoirs de tous sont garantis. Pour madame la ministre, le présent atelier est organisé pour créer un cadre d’échange d’expériences entre les participants de divers horizons et leur permettre de se sentir complémentaires et de parvenir à se supporter paisiblement dans la vie courante. Elle a relevé que les participants au présent atelier seront désormais des points focaux et des missionnaires dans leurs milieux respectifs en matière de dialogue de discussion et de la paix. A la fin de la présentation du discours de Madame la Ministre, un sketch a été présenté par la troupe « les ambassadeurs de la vie », constituée des enfants de 7 à 11 ans. Ce sketch, a instruit les participants sur l’importance de la communication dans la gestion pacifique des conflits malgré nos divergences politique.
III- Les communications Prévu pour être présenté par M. AMOUZOU Théophile, juriste-consultant à NDI, tous les thèmes du jour ont été plutôt présentés par M. SOWU Edem, Consultant en management de projet et droits humains au WANEP.
Communication1 : « Les principes démocratiques et le rôle des différents acteurs dans la prévention des conflits » M. SOWU Edem, le présentateur à axé sa communication autour de trois points, notamment : la définition de la démocratie, les principes démocratiques et le rôle des différents acteurs dans la prévention des conflits. L’intervenant a défini la démocratie comme, lorsque dans un régime politique ou un mode de gouvernement, le pouvoir souverain du législateur et du gouvernement viennent du peuple qui l’exerce directement ou au travers des représentants librement élus lors d’élections au suffrage universel. Mais elle repose sur l’ensemble des principes et pratiques qui protègent la liberté du citoyen. Il s’agit de l’égalité entre citoyens, la souveraineté du peuple, la liberté des individus, la règle de la majorité, l’existence d’une constitution et d’une juridiction associée, la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, la consultation régulière du peuple (élection et référendum) et l’indépendance de la justice.
Abordant le sujet sur la question du respect des principes démocratiques et du rôle des différents acteurs dans la prévention des conflits, le formateur a relevé que le jeu démocratique n’est pas l’apanage de l’Etat mais nécessite l’implication des autres acteurs que sont le citoyen, la famille, le groupe restreint, les associations et organisations, les confessions religieuses, les partis politiques, les institutions de la République. Le citoyen a des devoirs envers la communauté. Il doit notamment connaitre la loi fondamentale, connaitre et respecter les lois, payer les impôts, participer à la défense de la nation, respecter les autres citoyens et les assister en cas de danger. Quant à la famille, elle constitue le premier cadre d’éducation de l’enfant qui deviendra le citoyen de demain. Elle a donc le devoir d’inculquer à l’enfant les premières valeurs civiques. S’agissant des associations et des organisations, le conférencier a indiqué qu’elles jouent un rôle d’éducateur, de formateur et d’informateur du citoyen et ont le devoir de participer à la vie socio-économique et contrôler l’action des gouvernants. Les confessions religieuses ont les mêmes responsabilités que les associations et les organisations, mais leur action relève plus du domaine de l’édification morale du citoyen. En revanche, les partis politiques dont la vocation est la conquête et exercice du pouvoir, doivent mobiliser le peuple à participer au choix des responsables politiques en jouant un rôle d’éducateur de leurs militants. En-fin, les institutions de la République accompagnent l’Etat et l’aident à assumer son rôle, celui de sauvegarder le bien être des citoyens en leur garantissant le respect de leurs droits fondamentaux, en leur assurant une justice équitable et en protégeant les libertés fondamentales.
Communication 2 : « Causes et règlement des conflits postélectoraux. » Le développement de ce thème a amené M. SOWU, l’orateur à exposer sur trois points à savoir : les différentes formes de conflits poste-électoraux,
leurs causes et,
les pistes de leur règlement.
Au Togo, chaque fois, après la proclamation provisoire ou définitive des résultats des élections présidentielles, il surgit souvent des conflits qui peuvent êtres externes ou internes.
Selon M. SOWU, les conflits externes, a-t-il expliqué, sont ceux qui opposent les partis politiques ayant perdu l’élection aux institutions en charge de l’organisation de celle-ci (CENI, Cours constitutionnelle). Les conflits internes sont quant à eux ceux qui secouent de l’intérieur les partis politiques.
Parlant des causes des différents conflits, elles sont diverses. Il s’agit notamment de la méconnaissance et du non respect des principes démocratiques, du manque de volonté de la part des acteurs politiques, de l’attachement aux intérêts partisans, de l’absence de mécanisme efficace de centralisation des résultats au niveau des partis, de l’impréparation du processus électoral par ces derniers et de l’insuffisance de la formation civique de leurs militants. Il peut s’agir également d’imperfection du code électoral, du manque de confiance dans les personnes incarnant les institutions, de la mauvaise circulation de l’information, des fraudes diverses.
Abordant le sujet sur le règlement de ces conflits, l’orateur a cité les cinq styles de résolution des conflits. : l’accommodement, la compétition ou le forcing, l’évitement, la collaboration ou la coopération et le compromis. Il a mit beaucoup plus accent sur la négociation, car selon lui, elle est la meilleure démarche en vue d’obtenir ce que l’on veut de quelqu’un d’autre, généralement en utilisant la communication verbale. Ce style, c’est-à-dire la négociation, repose sur quatre principes, notamment :
séparer les gens du problème, se concentrer sur les intérêts et non sur les positions, inventer des options pour que tout le monde y gagne, et insister sur l’utilisation des critères objectifs ou acceptables par tous.
Sur ce, le directeur de la formation civique, M. DJATO Kanda, prit la parole et résuma les deux communications de l’orateur et introduit les participants au débat général.
IV- Débats
La fin des communications a amené l’ensemble des participants à un débat général. Ce débat, a permis aux uns et autres, soit, de poser des inquiétudes, de demander des éclaircissements, de poser des questions et/ou encore d’apporter des contributions. Le conférencier assisté du directeur de la formation civique et du directeur de renforcement de la démocratie, ont comblé les attentes des participants par leurs différentes réponses.
V-Les travaux en atelier :
Pour permettre aux participants de réfléchir sur les thèmes développés, les participants ont été répartis en de petits groupes. Au total quatre (4) groupes ont été constitués. Le groupe 1 et 3 avaient à traiter le sujet : Les principes démocratiques et rôle des différents acteurs dans la prévention des conflits, et les groupes 2 et 4 : Règlement pacifique des conflits postélectoraux : éléments indispensables de la paix et de la démocratie. Les travaux ont duré quarante cinq minutes au lieu de trente initialement prévue. Les résultats de chaque groupe a été présenter en plénière, débattus et compilés pour servir de manuel aux participants dans le souci de la réalisation des activités de restitution des acquis de la présente formation dans leurs différents milieux de provenance.
VI-La cérémonie de clôture
La cérémonie de clôture a été présidé par le représentant de madame la ministre, M. DJATO Kanda, directeur de la formation civique. Après donc la lecture du rapport général de l’atelier par OUBO Mbo et TCHAKPALA Alfa et son adoption par les participants, M. DJATO Kanda a salué l’engagement, le courage et le sérieux dont les participants ont fait preuve toute la journée. Il souligné la grandeur de la responsabilité qui incombe a tous les participants et les a exhorté à jouer pleinement leur rôle d’éducateur, d’éveilleurs de conscience et de référence morale pour mieux éduquer, informer et conscientiser la population dans cette période postélectorale très sensible pour un changement de comportement digne et responsable favorable à la culture de la paix.
Fait à Lomé, le 01 er Aout 2010 Le rapporteur, Louis Rodolphe Efoé ATTIOGBE Chargé de mission et d’enquête au CACIT