30 décembre 2008, par La Rédaction
Situation des Droits de l’Homme au Togo, soixante ans après la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
La Communauté internationale a célébré le soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Ce texte, désormais vieux d’une vie, est la manifestation probante non seulement de la reconnaissance, au plan mondial, des droits et des libertés inhérents à tous les hommes indépendamment de leur race, culture ou niveau social mais aussi et surtout de l’engagement de l’ensemble des Etats de tout mettre en œuvre pour assurer l’effectivité de leur protection à travers le monde. Simple Déclaration au départ, n’ayant pas force contraignante sur les Etats comme toutes les résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies, la DUDH a été complétée et renforcée par deux Pactes adoptés en 1966 qui eux, sont soumis aux règles et obligations issues du droit des traités. A cet arsenal, il faut ajouter par ailleurs les instruments spécifiques qui consacrent des droits catégoriels comme, entre autres, la Convention sur la répression du crime de génocide, la Convention sur l’élimination de la torture, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la Convention sur le droit des enfants….
Aujourd’hui, la DUDH est investie d’une force contraignante puisque la Cour Internationale de Justice (CIJ) a reconnu son caractère coutumier dans une affaire restée célèbre du nom de Tadic. Dans ses conclusions, la Cour a affirmé la valeur impérative ou erga omnes de la DUDH. Ce qui est intéressant, c’est que l’occasion de cet anniversaire a permis à l’ensemble des acteurs, aussi bien étatiques que non étatiques, de faire un bilan honnête sur l’état d’avancement dans la mise en œuvre de ses recommandations.
Au Togo, l’événement a été commémoré dans une déconcertante sobriété tant par les institutions étatiques que par les organisations de la société civile. On se souvient qu’en 2007, lors du lancement officiel des manifestations des soixante ans qui coïncidaient avec la célébration du 59eme anniversaire de la DUDH, tous les défenseurs avaient rivalisés d’ardeur et d’ingéniosité pour marquer à leur manière la célébration de la DUDH. Octroi du Prix des droits de l’homme par ci, match de football par là, grandes soirées, diverses conférences… rien n’était laissé au hasard. Qu’il s’agisse du Ministère des droits de l’homme et de la consolidation de la démocratie, de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, du Bureau du Togo du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) ou de l’ensemble des ONG de promotion des droits de l’homme au niveau nationale, chacun avait, à son niveau, donné le meilleur pour marquer de son empreinte les manifestations du 59eme anniversaire de la DUDH. Paradoxalement, en 2008, on a eu comme l’impression que le charme a été rompu. Manque de moyens, manque d’initiatives, satisfecit (lol !)…sont entre autres raisons qui expliqueraient à mon avis cet enthousiasme morose constaté ici et là.
Quoiqu’il en soit, cet événement nous donne l’agréable l’opportunité, en tant que militant et défenseur des droits de l’homme, de jeter un regard critique sur l’évolution de la situation des droits de l’homme au Togo à travers une série de réflexions. L’objectif est d’abord de reconnaître les efforts qui ont été accomplis ces dernières années en matière de promotion et de protection des droits de l’homme au Togo mais aussi d’attirer l’attention des pouvoirs publics, des partis politiques, de l’ensemble de la société civile, bref de tous les acteurs qui interviennent sur la question des droits de l’homme au Togo sur un certain nombre de pratiques qui continuent par avoir cours au Togo ; ces pratiques contribuent malheureusement à ternir les efforts des uns et des autres pour combler le déficit démocratique et le non respect des droits de l’homme longtemps reprochés au Togo par la communauté internationale. Par-dessus tout, il s’agit de faire un plaidoyer pour une meilleure garantie de ces droits universellement protégés à travers la formulation d’un certain nombre de propositions.