Atteinte à la tolérance

logo cacit OKQuelle que soit la raison, il ne peut y avoir de raison de s’en prendre ou de chercher à s’en prendre à un compatriote parce qu’il aurait exprimé des positions différentes des siennes. L’incident du samedi 21 février à Nukafu dans la capitale togolaise, interpelle les Togolais, davantage les hommes de bonne volonté qui restent convaincus que de tels événements ne sont pas de nature à garantir une paix sociale pérenne. Selon le récit des événements proposé par un communiqué du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), des individus auraient apostrophé Me Dodji Apevon, le président du parti, et auraient tenté d’exercer des actes de violence sur sa personne s’il ne s’était pas décidé à les quitter à pas pressés. Le communiqué désigne sans détour des militants d’un parti politique, c’est à prouver, mais cela n’est pas le plus important. Le plus important, c’est le malheureux élan par lequel des compatriotes s’en sont pris aux opinions d’un autre compatriote parce que ses opinions et ses choix politiques ne correspondent pas aux leurs. Le sage avait déjà compris le fait quand il déclarait : « Mon frère, si tu es différent de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». De cette formule du sage, il faut retenir que l’élan de ces compatriotes est absolument à condamner. Si tant est que le Togo a fait le choix de la démocratie, il est de bon ton que tout le monde se mette à l’école des bonnes pratiques de la démocratie. Il est de bon ton que les partis politiques s’attachent à la formation civique et politique de leurs membres ou de leurs militants. C’est vrai que la politique ici et ailleurs se fait de façon très peu organisée et que pour cela très peu de citoyens engagés dans les joutes politiques possèdent la carte de membre d’un parti politique. Mais qu’à cela ne tienne. Pour favoriser la paix et éloigner du Togo les risques de violences inhérentes à l’intolérance sous toutes ses formes, il est urgent que toutes les formations politiques prennent l’engagement de promouvoir en tout temps et en tout lieu, d’ici au scrutin et après les valeurs de la tolérance. Quoi que cela puisse coûter, les opinions doivent êtres protégées et tolérées. C’est à  ce prix qu’on peut bâtir un Togo uni dans lequel les différences d’opinion constituent un atout et une richesse, au lieu d’être un écueil et une source de divisions. Chacun doit y travailler.

Share Button

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.