Le CACIT s’insurge vivement contre la récurrence de la violation du droit à la vie et à l’intégrité physique lors des manifestations publiques pacifiques au Togo

Après le 28 février 2017, le samedi  19 août 2017 aura  marqué, une fois encore, cette année,  la régression du respect des droits de l’Homme par l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre et de sécurité. Les manifestations pacifiques publiques du Parti National Panafricain (PNP) tenues à Lomé, Anié, Sokodé, Bafilo et à Kara  se sont soldées par des pertes en vies humaines, de plusieurs blessés graves et des dégâts matériels importants.

Nonobstant les appels répétés de plusieurs acteurs nationaux et internationaux, notamment la société civile, pour le respect des droits de l’Homme et plus particulièrement du droit à la vie lors des manifestations pacifiques publiques, le CACIT, constate avec beaucoup de regret que, les manifestations sont, pour la plupart encore, théâtre des violences  et d’usage disproportionné de la force.

Au moment où le gouvernement note qu’il y a deux (02) pertes en vie humaine dont une (01) par balle, le PNP par la voix de son président TCHIKPI Atchadam évoque sept (07) morts par balles réelles. En tout état de cause, au-delà des informations relayées par les réseaux sociaux sur le déroulement de ces évènements malheureux, il est important de rappeler le caractère sacré de la vie humaine qui ne devra, en aucune circonstance, être banalisé ou bafoué.

Ceci est d’autant plus déplorable et inconcevable au moment où les victimes des violences politiques reconnues par la CVJR, n’ont pas encore obtenu réparation et que le HCRRUN vient à peine de finir les cérémonies de purification du territoire national, dans un contexte malaisé où les présumés auteurs n’ont pas demandé pardon et ne sont nullement inquiétés

Notre organisation aurait aimé faire l’économie de la présentation, une fois de plus, des condoléances à des familles éplorées lors de manifestations publiques, mais hélas, les circonstances obligent à déférer encore à cette pratique.

En vue de prévenir ces évènements malheureux et de s’assurer d’une paix durable dans le renforcement du tissu social et de l’unité nationale, le CACIT recommande :

Au gouvernement de :

  • modifier d’urgence la loi organique de la Cour suprême en vue de rendre effectif le jugement en référé  lors des recours pour excès de pouvoir  afin de permettre aux organisateurs de contester les décisions administratives dans le cadre  des manifestations pacifique publiques ;
  • offrir de bonne foi les gages sérieux de garanties de non répétition en menant des enquêtes indépendantes et impartiales en vue de traduire les présumés auteurs des comportements répréhensibles devant les juridictions compétentes ;
  • procéder, dans les plus brefs délais aux réformes constitutionnelles et institutionnelles telles que le prévoient les recommandations de la CVJR et différents accords qui ne sont, tout autre, que des émanations de la volonté du peuple togolais ;
  • prêter une oreille attentive aux revendications des différentes couches de la population, notamment des partis politiques ;
  • prendre toutes les dispositions nécessaires pour mieux encadrer les manifestations pacifiques publiques et surtout renforcer la formation des forces de l’ordre sur les standards internationaux en matière de maintien de l’ordre public.

Au HCRRUN :

  • prendre la mesure de ses responsabilités dans le cadre du processus de réconciliation nationale en prenant véritablement en compte les préoccupations profondes du peuple togolais ;
  • poursuivre la sensibilisation des acteurs à la paix et à la cohésion nationale ;
  • accélérer la mise en œuvre des recommandations urgentes de la CVJR.

Aux organisateurs :

  • appeler les partisans à la retenue et au respect des lois républicaines ;
  • renforcer la formation des partisans sur la citoyenneté et le respect de la « Res publica ».

Aux missions diplomatiques et la communauté internationale :

  • renforcer leurs contributions dans le cadre de la consolidation de la démocratie et l’Etat de droit au Togo ;
  • poursuivre, de manière plus accentuée, leurs actions en faveur du dialogue entre les différents acteurs politiques.

A tous les acteurs :

  • s’assurer de tenir un langage et une attitude appropriés et pacificateurs dans le cadre de la préparation et lors du déroulement des manifestations publiques pacifiques ;
  • prendre la mesure de leurs responsabilités devant l’histoire.

                                                                                  Fait à Lomé, le 21 août 2017

                                                                                        Le Directeur exécutif

 

                                                                                         Ghislain Koffi NYAKU

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