COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) a appris la mort par balle du jeune Louis Anoumou à Tokpli (préfecture de Yoto), et des blessés enregistrés au cours de l’intervention d’une équipe de l’opération dite « Entonnoir » le vendredi 8 juin 2018. Il présente ses condoléances à la famille et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

Par communiqué en date du 10 juin 2018, le ministre de la sécurité et de la protection civile, le Général Yark Damehame, a informé que « l’agent auteur des tirs a été mis aux arrêts, et une enquête est ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de cet incident ».

Le CACIT rappelle que ce n’est pas la première fois qu’une enquête est annoncée par le ministère de la sécurité et de la protection civile dans des cas similaires, sans que les populations ne soient situées des suites de ces enquêtes. Des cas récents, on peut citer, entre autres, l’incident survenu le samedi 1er novembre 2014 : des affrontements avaient opposé les jeunes et les forces de l’ordre lors d’une descente à Messan Condji et à Aného dans le cadre de « l’opération entonnoir », et ont occasionné un mort et cinq blessés. Dans son communiqué, le ministre avait déclaré que c’est « face à l’extrême violence dirigée contre leur personne qu’un élément a ouvert le feu dans des circonstances non encore élucidées». Il avait annoncé l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités et faire appliquer la loi dans toute sa rigueur.

En outre, le mardi 28 février 2017, les manifestations spontanées ayant suivi l’augmentation des prix des produits pétroliers à la pompe, annoncée la veille, ont fait un mort et plusieurs blessés. Le ministre de la sécurité et de la protection civile avait expliqué que «  le manifestant est mort par balle à Agoè-Zongo aux environs de 18 heures ». A cette occasion, il a déploré le drame et a déclaré l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités.

Au regard de ces constatations, le CACIT craint une fois encore, que l’impunité ne prévale au détriment des victimes des violations des droits de l’Homme.

Le droit à la vie est un droit fondamental garanti par la Constitution togolaise du 14 octobre 1992 en son article 13 qui dispose : « l’Etat a l’obligation de garantir l’intégrité physique et morale, la vie et la sécurité de toute personne vivant sur le territoire national », et la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples en son article 4 qui stipule : « la personne humaine est inviolable. Tout être humain a droit au respect de sa vie et à l’intégrité physique et morale de sa personne. Nul ne peut être privé arbitrairement de ce droit ».

Par conséquent, le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) demande que l’enquête soit diligentée de manière impartiale et sans délais afin que les présumés auteurs soient punis conformément à la loi. Il appelle, par ailleurs, le gouvernement à renforcer ses actions en faveur du respect du droit à la vie, à l’intégrité physique et à la sécurité des citoyens dans toutes leurs opérations.

 

Fait à Lomé, le 11 juin 2018

Le Directeur Exécutif

Ghislain Koffi D. NYAKU

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