Interview de Karen TSE  Fondatrice et Directrice exécutive de International Bridges to Justice

De l’espoir et de la croyance dans l’esprit de chaque être humain, partout, indépendamment des circonstances, telle est la principale mission que l’International Bridges to Justice (IBJ) s’est assignée. En reconnaissance des principes fondamentaux de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, cette organisation genevoise travaille à garantir à tous les citoyens le droit à une représentation juridique compétente, le droit d’être protégé contre les peines cruelles et inhabituelles et le droit à un procès équitable. Dans ce sens, IBJ lance chaque année la compétition JUSTICEMAKERS qui est une bourse offerte à des auxiliaires judiciaires en vue de renforcer leurs actions en faveur des droits de l’Homme et de la lutte contre la torture. Pour cette année 2017, plusieurs lauréats africains, dont Me Noellie GAGLO avocate au barreau du Togo et membre du collectif des avocats du CACIT, ont bénéficié de cette bourse.

Pour mieux connaître cette organisation et comprendre le programme JUSTICEMAKERS, la rédaction vous propose une interview de la Fondatrice et Directrice exécutive de IBJ, Karen TSE réalisée lors de la visite du Directeur Exécutif du CACIT, Ghislain Koffi NYAKU, au siège de l’organisation à Genève.

Cacit.org : International Bridges to Justice, qu’est-ce-que c’est ?

K.T : International Bridges to Justice est une organisation engagée dans la lutte contre la torture et met en place des outils pour des investigations. Elle met en œuvre et veille au respect des droits de l’Homme dans le cadre des procédures juridiques en plaçant des avocats dans les postes de police, dans les zones instables et lieux de détention. Elle travaille de plusieurs autres manières notamment à travers des campagnes de sensibilisation locales et des discussions autour des tables rondes afin de faire avancer la situation des droits de l’Homme.

Cacit.org : Parmi les programmes développés par IBJ il y a le programme “JUSTICEMAKERS”, pouvez-vous nous en parler ?

K.T  JusticeMakers est un programme très spécial pour nous parce qu’il mobilise des auxiliaires de justice du  monde entier.  Il nous permet de soutenir les individus dans les pays, des individus très motivés de par le monde qui sont engagés dans le domaine de la justice pour enquêter sur la torture.

Cacit.org : Quels sont les objectifs du programme?

K.T : L’objectif est d’interagir avec les acteurs de justice organisés dans le monde entier. Nous savons qu’il y a partout dans le monde des personnes accréditées ou non qui s’engagent en faveur de la justice mais sont limitées dans leurs actions en raison du manque de moyens et du fait qu’ils ne travaillent pas en réseau. Donc ce que nous essayons de faire, c’est de les mettre en réseau.  L’on dit souvent qu’ensemble on est plus fort qu’individuellement. Nous  mettons en place des représentants partout dans le monde et nous créons comme cela une défense dynamique en leur offrant des bourses qui leur permettent de financer leurs activités sur le terrain.

Cacit.org : Quels sont vos groupes cibles?

K.T : Nos groupes cibles sont des pays en développement, nous visons des acteurs qui vivent dans des endroits où le cadre légal n’est pas propice à la lutte contre la torture ou qui disposent de textes mais qui ne sont pas mis en œuvre

Cacit.org : Cette année, plusieurs lauréats ont bénéficié du prix  JusticeMakers en Afrique y compris le Togo. Deux lauréats sont issus du Togo, dites-nous ce qui a motivé votre choix.

K.T : Le Togo est un pays où il y a  de nombreux défis en matière de protection des droits de l’Homme. Plusieurs acteurs sur le terrain œuvrent pour la protection  des individus et  la lutte contre la torture. C’est donc pour les encourager davantage dans leurs missions que IBJ a décidé de primer deux lauréats au Togo.

Cacit.org : Vous nous avez confié que vous avez été impressionné en particulier par une des lauréates Me Noellie GAGLO. D’où vient cet enthousiasme ?

K.T : Ah oui ! Nous avons été impressionnés par Me GAGLO, par sa passion et son engagement, mais aussi par l’organisation  dont elle est issue. Pour nous le CACIT  est une organisation incontournable et très avancée sur les questions de droits de l’Homme et sur la lutte contre la torture. .

Cacit.org : A part le système judiciaire, intervenez-vous dans d’autres domaines ayant toujours traits aux droits de l’homme ?

K.T : Offrir des formations en droits de l’homme et appuyer les organisations de défense des droits de l’homme sont entre autres priorités auxquelles nous attachons du prix. Dans ce sens, nous avons hâte de mettre en œuvre, par exemple, le projet de Me GAGLO qui comporte un volet formation des femmes détenues sur les droits de l’homme.

Cacit.org : Une fois les projets des lauréats démarrés, quels sont les prochaines étapes ?

K.T : Nous voulons pouvoir interagir avec les  autorités en charge du système judiciaire dans nos pays cibles pour une collaboration en vue  d’une lutte plus renforcée contre la torture.

Cacti.org: Un dernier mot ?

K.T : Merci et félicitation à Me GAGLO. C’est notre première collaboration et notre première entrée au Togo. Nous espérons que l’aventure sera des plus passionnantes.

 

                                                                                                                                              La rédaction

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