Interview exclusive de Roméo TOGBE, Président de MCEP : Contre la participation des enfants aux marches de protestation, MCEP en appelle au sens de responsabilité des parents et des différents acteurs impliqués.

Partant tous du principe que les enfants sont les acteurs les plus vulnérables de notre société, plusieurs organisations se sont lancées dans la défense, la protection et la promotion des droits et intérêts de ces enfants. Au rang de ces associations au Togo, il y a Mission Cri d’Enfant de la Planète (MCEP) qui est une des quinze associations qui constituent le CACIT.

Face à la rédaction de www.cacit.org, Roméo TOGBE président de MCEP nous dit plus sur les activités que mène son association en faveur des enfants, surtout en cette période de crise que connait notre pays le Togo.  

Cacit.org : Roméo TOGBE bonjour, vous êtes  le président  de MCEP, décrivez nous MCEP

R.T. : Bonjour. Je vous remercie d’abord pour l’opportunité qui m’est donnée de parler de notre association Mission Cri d’Enfant de la Planète qui fait la promotion et la protection des droits des enfants. Nous avons commencé nos activités depuis 2004 et en 2006 nous avons eu notre reconnaissance officielle  auprès des autorités  togolaises, ce qui nous donne une  certaine légitimité.

En ma qualité de président de l’organisation, je crois que nous avons fait nos preuves  à travers nos activités et c’est ce qui nous a d’ailleurs permis d’être accepté comme membre du Collectif des Associations Contre l’impunité au Togo  (CACIT) depuis 2008. Au sein de cette structure, nous sommes la seule structure qui travaille sur la promotion et la protection des droits des enfants  et à ce titre nous avons plusieurs activités, plusieurs actions en perspective. MCEP dispose d’un bureau, d’une assemblée générale, d’un secrétariat et est basé à Lomé.

Cacit.org : Comment se porte MCEP ?

R.T.: MCEP se porte bien mais peut aller mieux. Connaissant le contexte dans lequel évoluent les associations surtout les petites structures comme la notre et au regard de notre domaine d’action, disons que nous faisons de notre mieux pour atteindre nos objectifs que ce soit par rapport des enfants de notre orphelinat ou des enfants que nous ciblons.

Cacit.org : La rentrée a démarré il y a pas longtemps, comment ont été les préparatifs ?

R.T. : Nous avons bien assuré la rentrée aux enfants de notre orphelinat basé à KPOME depuis 2004. Nous avons fait du mieux que nous pouvions pour eux. Avant, nous bénéficions du soutien de certains partenaires comme le port et d’autres qui nous permettaient de distribuer des fournitures aux enfants des quartiers de Kangnikopé et d’autres quartiers  de Lomé. Seulement depuis quelques années ce soutien a disparu limitant ainsi nos actions qu’aux enfants de l’orphelinat.

Cacit.org :    Quel est l’état d’esprit de vos  enfants en cette période de crise ?

R.T. : Je ne parlerai pas seulement de nos enfants  mais  plutôt de tous  les enfants togolais. Bien que l’orphelinat soit à KPOME, « nos enfants » comme tout autre enfant subissent les conséquences  collatérales de la situation sociopolitique ; parce que quand il y a grève ou des manifestations à répétition ils ne vont pas au cours ou ils y vont et sont déloge des classes. Tout ceci perturbe ces enfants.

Si tout pouvait être mis en œuvre pour épargner ces enfants des affres des phénomènes précédemment évoqués, ce serait bon. A cet effet, nous envisageons d’ici peu de lancer un appel à qui de droit  pour que tout soit mis en œuvre pour un retour à la sérénité.

Cacit.org :   Aujourd’hui des enfants, des mineurs participent aux marches de protestation. Comment percevez-vous la chose ?

 R.T. : C’est un constat on ne plus amère que nous avons aussi fait. Quand on dresse le bilan des conséquences inhérentes à la répression des manifestations, les enfants sont malheureusement touchés. Ce n’est un secret pour personne qu’il y a eu des décès d’enfants. Pour le compte de 2017, on note au moins  deux ou trois cas. S’il faut considérer les événements d’avant, je dirai qu’il y a des enfants qui aujourd’hui trainent les séquelles des balles, les séquelles traumatisantes des violences dont ils ont été victimes et ou témoins.

Il n’y a plus cette  gaieté ou quiétude qu’avaient les parents, les enseignants et les élèves eux même quand il faut se rendre à l’école. Tout le monde est psychologiquement choqué au regard de la situation que notre pays a connue ces dernier temps.

Parlant des enfants qui participent eux même à la marche, je crois que c’est l’effet de  masse qui les attire. Par curiosité ils cherchent à voir ce qui se passe là bas.

Cacit.org : Devant de telles situations  que fait  MCEP?

R.T.: MCEP fait de la sensibilisation. Au niveau des parents d’abord, nous les appelons à plus de responsabilité à l’endroit  de leurs enfants. Ils sont appelés à contrôler les mouvements pour ne pas dire les faits et gestes de leurs progénitures. Parce que l’éducation commence à la maison et se poursuit à l’école, nous appelons le corps enseignant aussi à sensibiliser les enfants sur le pourquoi ils ne doivent pas prendre part aux marches et surtout les exposer aux conséquences de celles-ci qui peuvent être désastreuses pour eux.

Lors du monitoring des manifestations, nous nous attelons comme ODDH  à faire comprendre aux mineurs les risques qu’ils courent à être sur le terrain des marches avant de les y soustraire. Notre équipe a sorti des rangs des manifestants près de 400 mineurs.

Je lance un appel aux partis politiques de nous aider à atteindre nos objectifs en mettant dans leurs communiqués  «  enfants s’abstenir… ».

Nous ne sommes pas contre les marches mais nous sommes contre la participation des enfants aux marches.

Cacit.org : Quelques mots pour conclure…

R.T. : Notre souci à MCEP c’est que les droits de l’Homme particulièrement ceux des enfants soient respectés et promus dans notre pays. Pour se faire, je crois qu’on doit créer les conditions pour l’épanouissement des enfants. Nous aussi entant qu’acteur, de quelque bord que ce soit, nous devons jouer notre partition pour l’effectivité de la jouissance de ces droits. J’en appel à la responsabilité de tout un chacun pour que les enfants puissent être en marge des manifestations.

Aux concernés même, je dirai : écoutez les conseils que l’on vous donne. Soyez  obéissants. De l’école rentrez directement à la maison la politique n’étant pas de votre âge.

J’en appelle donc à la responsabilité de tous les acteurs engagés pour trouver une issue heureuse à cette crise qui n’a que trop duré trop duré. Il faut sonner la fin en faisant des sacrifices dans l’intérêt général de tous. Nous sommes dans les périodes de fête, les enfants ont besoin de fêter, permettez à ce qu’ils fêtent en toute liberté.

Aussi en collaboration avec d’autres organisations MCEP projette de sillonner, par une caravane, les quartiers de Lomé pour égayer un temps soit peu les enfants ; à condition que nous arrivions à réunir le budget nécessaire.

Avis aux bonnes volontés pour le bien-être des enfants. Nous sommes joignable au 91 97 02 95.

Je vous remercie.

                                                                                                                                                                            Interview réalisée par Firmin Teko-Agbo

                                                                                                                                                                                                 Et Stephane AGBONAGBAN.

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