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Jacqueline MOUDEINA, principale avocate des victimes dans le procès Hissène HABRE, bientôt à Lomé pour une conférence-débat.

logo CCPRDans le cadre de ses activités, le Centre pour les Droits Civils et Politiques (CCPR-Centre) organise, en collaboration avec le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) et le Bureau Régional de l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme (HCDH-BRAO), une Conférence inaugurale sur le thème: « La portée du Procès Hissène HABRE dans la lutte contre l’impunité en Afrique ».

Cette conférence, prévue pour le 12 septembre 2016 à 14H30 à la salle de conférence de la délégation de l’Union Européenne au Togo, tournera, essentiellement, autour de la portée du procès Hissène HABRE et sur sa contribution dans la lutte contre l’Impunité en Afrique.

Me Jacqueline MOUDEINA, principale avocate des victimes dans le procès HABRE et fervente militante des droits de l’Homme, sera la principale oratrice de ladite conférence. Elle livrera lors de cet échange les clefs de son succès et son analyse sur l’efficacité des juridictions africaines dans la poursuite et la répression des auteurs de crimes graves.

Institutions étatiques, Organisations de la Société Civile (OSC), Magistrats, Avocats, Universitaires, représentants de Partis politiques et journalistes sont attendus pour ce grand rendez-vous unique d’échanges et de partage d’expérience.

Il faut souligner que cette conférence s’inscrit dans les activités d’inauguration du bureau de Lomé du CCPR-Centre.

QUI EST JACQUELINE MOUDEINA ?

J MJacqueline MOUDEINA est une avocate et militante des droits de l’homme tchadienne.

Née en 1957 au Tchad, elle a eu une enfance semé d’embûches, c’est sans aucun doute ce qui fait sa force aujourd’hui. Elle réussit à intégrer l’université de N’Djamena en 1979, où elle étudie le droit. L’arrivée de la guerre civile à la même année puis le régime instauré par le dictateur Hissène HABRE l’oblige elle et son mari à fuir le pays pour se rendre en République Démocratique du Congo (RDC), son pays d’exil, où elle restera 12 ans. Elle ne retournera au Tchad qu’en 1995. Elle prend la direction de l’Association tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme (ATPDH), (dont elle est aujourd’hui la présidente), devenant ainsi l’une des premières femmes au Tchad à travailler comme assistante juridique et mandataire de justice. L’ATPDH est l’une des principales organisations tchadiennes de défense des droits humains, qui prône les droits de la femme, des prisonniers, tout en dénonçant la corruption.

Le collectif, qui a vu le jour en 1992, est également très impliqué dans la recherche de solutions à la crise politico-militaire tchadienne et est notamment partie prenante du Comité de Suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation nationale au Tchad (CSAPR).

En 1998, elle s’est faite l’avocate des victimes du régime d’Hissène HABRE. Une commission d’enquête instituée après la fin de son régime accuse Hissène HABRE d’être responsable d’environ 40 000 assassinats politiques. Après plusieurs épisodes judiciaires et sur décision de l’Union africaine, un tribunal spécial fut constitué à Dakar et le procès s’est finalement ouvert en juillet 2015. L’ancien président tchadien a été reconnu coupable de crimes contre l’humanité, de viols, exécutions, esclavage et enlèvement. Il a été condamné le lundi 30 mai, à Dakar, à la prison à perpétuité au grand bonheur de Mme Jacqueline MOUDEINA après un si long combat :

Quand nous avions commencé ce dossier, personne n’y avait cru. Même pas les victimes elles-mêmes. Il y avait quelques-unes qui pensaient qu’on allait pouvoir sortir quelque chose et que la quête de justice était un simple geste de main ou de tête. Mais après elles se sont rendu compte très vite que c’était un parcours du combattant. Je crois que c’est Desmond Tutu qui a qualifié le dossier d’un feuilleton politico-judiciaire, de l’interminable feuilleton politico-judiciaire. Nous sommes arrivés aujourd’hui à ce grand jour que nous appelons « Jour de victoire ». Ça a été un drame au Tchad sous Hissène HABRE, de 82 à 90 c’était un drame. C’était un Tchad noir. C’était une histoire tout à fait noire du Tchad 

Jacqueline MOUDEINA a reçu de nombreux prix, dont Le Prix Alison Des Forges décerné par Human Rights Watch, qui salue le courage d’individus qui mettent leur vie en danger pour protéger la dignité et les droits d’autrui. Et en avril 2011, elle obtient en Suède, le Livelhood Award, un prix Nobel alternatif.

Je suis comblée. Cette distinction diffère du mépris, des frustrations, de l’adversité et de l’ingratitude.

 Fait à Lomé, le 02 septembre 2016.

 Le Coordonnateur Afrique de l’Ouest et Centrale

 André Kangni AFANOU

 

 

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