La prison civile de Lomé déborde !

prLes détenus, bien qu’ils aient enfreint les lois qui régissent la vie en société, possèdent des droits. L’arsenal législatif togolais accorde un certain nombre de ces droits aux détenus. En effet, l’Etat a ratifié les deux Pactes de 1966 relatifs aux droits économiques, sociaux, culturels et civils et politiques ainsi que la Charte Africaine des Droits de l’Homme de 1981. Mais surtout l’Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme de 1977 dont la version revisitée de 2012 garantit le traitement des détenus dans le respect dû à la dignité et la valeur, inhérentes à l’être humain .

La Constitution de la IVème République du Togo de 1992 garantie le respect de ces textes internationaux et fait primer la dignité humaine, quel que soit le statut de la personne dans la société. La dignité reste un principe intrinsèque à tous les Hommes auquel la société ne peut déroger. Les détenus sont donc supposés être bien protégés dans leurs droits par l’Etat togolais. En témoigne l’article 16 de la constitution qui dispose : « tout prévenu ou détenu doit bénéficier d’un traitement qui préserve sa dignité, sa santé physique et mentale et qui aide à sa réinsertion sociale. »

A Lomé, la prison a une capacité de 660 personnes dans le quartier des hommes. Actuellement, ils sont pourtant plus de 2200 détenus répartis dans une quarantaine de bâtiments. C’est plus de trois fois que ce qui était initialement prévu ! Cette surpopulation rend les conditions de détention insupportables et inhumaines.

Chaque bâtiment fait une trentaine de mètres carré ; ils y sont entassés et enfermés à environ 80 dans chacun, de 17h30 à 6h30 tous les jours. L’atmosphère à l’intérieur est angoissante, l’air manque. Dans ces conditions, les locaux de détention ne remplissent pas les exigences en matière d’hygiène, de salubrité, de ventilation, etc.

Durant la nuit, les détenus ne peuvent pas tous se coucher dans le bâtiment. Ils procèdent donc à un système d’alternance : certains restent debout, pendant que d’autres se couchent les uns contre les autres.

Pour pallier cette situation qu’on pourrait qualifier de désastreuse, l’Etat a construit une nouvelle prison à Kpalimé afin d’y transférer une partie des détenus de la prison civile de Lomé. Reste à savoir si cette solution va régler de manière conséquente les problèmes liés à la surpopulation dans nos prisons.

Prince TEOU

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