Mécanisme d’Alerte Précoce 2015 du CACIT/PCJV: ROMEO TOGBE, COORDONATEUR REGIONAL LOME-COMMUNE DRESSE SON BILAN

IMG_1172Le CACIT/PCJV a pris une part active dans la prévention et la gestion des conflits avant, pendant et après la présidentielle du 25 avril dernier au Togo. Mis en œuvre par une équipe composée des analystes, des Coordinateurs Régionaux (CR), des Volontaires de la Paix (VP), eux tous coiffés par la coordination nationale, le Mécanisme reste enclenché même après la prestation de serment du président élu. M. Roméo TOGBE, l’un des coordonnateurs régionaux formé par le CACIT/PCJV, revient sur les temps fort de sa mission.

M. TOGBE, dites-nous très succinctement en quoi a consisté votre mission ?

M.TOGBE : Dans le cadre de la présidentielle d’Avril passée, le CACIT/PCJV a initié un programme de prévention et de gestion de conflits. C’estpour l’opérationnalisation de ce mécanisme que nous avons été formés en tant que coordonnateurs pour superviser sur le terrain, les activités des Volontaires de la Paix qui représentent les yeux du CACIT dans les différentes régions.

Chaque coordonnateur a eu pour mission de recueillir les informationscollectées par les Volontaires de la Paix formés et déployés dans sa région. Nous enclenchons un premier niveau du mécanisme de réponse avec les personnes ressources de notre zone de couverture pour régler le problème mais au cas où cela persistait, nous n’hésitons pas, soit à travers la plateforme internet soit à travers la flotte téléphonique, à tenir informer les Analystes basés au village électoral au siège du CACIT. C’est donc ce travail à la chaine que nous avons eu à faire sur le terrain avant, pendant et après le scrutin présidentiel du 25 avril, et que nous continuerons de faire jusqu’à la fin du mois de Juin.

Quels ont été les types  d’incidents que vous aviez eu à rencontrer ?

M.TOGBE : Au cours de notre mission effectivement, nous avons rencontré et géré plusieurs incidents sur le terrain. Incidents, dont nous pouvons nous réjouir aujourd’hui, d’avoir empêché de dégénérer grâce à des mesures adéquates mais surtout rapides.

Et bien, suite aux mesures de désengorgement des centres de vote le jour du scrutin, plusieurs électeurs ne retrouvant pas leur nom sur la liste électorale étaient mécontents. A l’Institut Danté à Adamavo, j’ai personnellement aidé des électeurs à retrouver leur centre de vote en leur faisant envoyé leur numéro de carte au 1010 comme préconisée par la Commission Electorale Nationale Indépendante(CENI). J’ai aussi contacté la vice-présidente de la Commission Electorale Locale Indépendante (CELI) de Baguida, qui a mis à ma disposition la liste des CELI additifs, grâce à laquelle j’ai réorienté d’autres électeurs. L’essentiel était qu’ils retrouvent leurs centres de vote afin d’accomplir leur devoir civique en toute quiétude et sans violence.

Par contre dans le bureau de vote N°16 du CEG Totsi, c’est l’un de nos volontaires de la paix qui a dû recompter les voies pour départager les membres du bureau de vote et les électeurs ; ces derniers ayant séquestrés  les membres des bureaux de vote et exigé le recomptage des voix, pour motif de fraude.

Nous avons aussi géré une autre situation où un militant du parti au pouvoir UNIR,a été violenté alors qu’il collectait les résultats de son parti à Dabarakondi à Lomé. Interpellés, nous avons approché la victime qui nous a relaté les faits et dont les premiers soins ont été pris en charge par le CACIT/PCJV.

Après la prestation de serment du président élu, ce mécanisme est-il encore opérationnel ?

M.TOGBE : Bien sûr que oui. Les CR et les VPsont toujours sur le terrain à la quête d’informations pouvant être source de conflits, car le climat socio-politique demeure crispé.Les résultats issus du scrutin n’étant pas consensuels au sein de la classe politique, nous sommes toujours en alerte pour éviter que les malheureux événements de 2005 ne se reproduisent.

Un regard citoyen sur le déroulement du scrutin ?

M.TOGBE  : En tant que citoyen, j’ai constaté  la maturité politique de tout le peuple togolais et de certains acteurs politiques, qui durant tout le processus, ont fait montre de responsabilité, de hauteur d’esprit et du désir de vivre dans la Paix. C’est l’occasion de saluer les Organisations de la Société Civile  comme le WANEP-Togo, la CNSC/SYCED et le GF2D qui ont conjugué leurs efforts avec le CACIT/PCJV, dans des  actions de sensibilisation à la non violence et à la Paix en période électorale.

Vos aspirations pour votre pays, le Togo ?

M.TOGBE  : Modestement je convie tous les acteurs, même ceux qui ne se retrouvent pas dans les résultats proclamésd’éviter de mettre le pays dans des situations embarrassantes et inutiles.M. Faure GNASSINGBE de son coté, en sa qualité de Président de tous les togolais, doit tendre la main à tous les acteurs qui voudront bien travailler avec lui pour la paix, la sécurité et le bien être de tout le peuple.  Le Chef de l’Etat a plusieurs défis à relever si l’on considère la tension sociale qui date de la veille des élections. Qui dit social, parle du panier de la ménagère, de l’emploi des jeunes, des conditions favorables pour les investissements de la diaspora…

En ma qualité de défenseur des droits de l’Homme, j’insisterai sur le fait que le Chef de l’Etat doit se pencher également sur les questions de droits de l’Homme. Les conditions de vie et de détention dans les prisons du Togo doivent être améliorées, les réformes judiciaires doivent être faites, les victimes des violations des droits de l’Homme reconnues par la CVJR attendent réparation et réhabilitation avec la création du Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN).  Le peuple togolais attend tout simplement de voir et de ressentir des changements sur leur vécu quotidien, pour les cinq prochaines années.

Merci M. TOGBE

M.TOGBE  : C’est moi qui vous remercie.

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