Mot du Président

Bienvenue sur le site du CACIT !

2016 vient de s’écouler. Une nouvelle année nous accueille.  Le CACIT par ma voix vous souhaite  une bonne et heureuse année 2017 aux autorités, à nos partenaires et à tous les citoyens. J’espère vivement que cette année sera meilleure à celle passée, autant sur le plan personnel que collectif.

Cette année permettra à  notre maison commune le CACIT de continuer à relever les défis liés à la promotion et à la défense des droits de l’Homme au Togo. Et c’est notre souhait.  Tellement ces défis sont immenses. 2016 nous fait connaitre une sensible amélioration de la situation des droits de l’Homme. Elle a été marquée par le passage du Togo devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations-Unies au titre du second cycle de l’Examen Périodique Universel (EPU) le 31 octobre 2016. Le rapport présenté révèle notamment que 60% des recommandations adressées lors du premier passage ont été mises en œuvre, surtout en 2016. Aujourd’hui, la torture est criminalisée au Togo. Au plan carcéral, l’ouverture des portes de la Prison Civile de Kpalimé a permis de désengorger celle de Lomé de trois cent sept (307) détenus. Le droit à l’information a été galvanisé par la loi sur la liberté d’accès à l’information et à la documentation publique.

Même si ces avancées permettent à l’Etat togolais de gagner des points dans les critères d’éligibilité au fond américain du Millénium Challenge Account (MCA), il n’en demeure pas moins que plusieurs défis sont encore à l’ordre du jour. L’imprescriptibilité du crime de torture, la pénalisation du délit de presse, la liberté de manifestation mise à rudes épreuves, la surpopulation carcérale et les conditions de détention précaires, la persistance des traitements inhumains et dégradants figurent au rang de ces défis. L’impunité a toujours droit de cité dans notre pays. La situation des victimes de 2005 demeure assez préoccupante, malgré les multiples actions de plaidoyer, ainsi que la vaste campagne médiatique réalisées par le CACIT pour interpeller les autorités en vue de l’application de la décision de la Cour de Justice de la CEDEAO en faveur de ces victimes. La non application des décisions de cette même cour, sur les cas de détention arbitraire et de torture introduites par les victimes avec l’accompagnement du CACIT, est tout aussi préoccupante. La question des réformes politiques n’a pas elle non plus connue de dénouement durant l’année écoulée, malgré les multiples actions des organisations de la société civile, des partis politiques de l’opposition et même des leaders religieux. La loi portant composition, organisation et fonctionnement de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a été adoptée permettant à cette institution d’abriter le Mécanisme National de Prévention de la Torture (MNP), même si cette loi ne respecte pas véritablement les Principes de Paris.

Le Togo notre pays devra donc, non seulement, relever ces grands défis relatifs aux droits civils et politiques, mais aussi des défis sur le plan socio-économique notamment sur la réduction de la pauvreté, le droit à l’alimentation, le droit à la santé, le droit à un logement décent. Une attention particulière  devra être porté sur la situation des enseignants afin d’apporter des solutions aux revendications soulevées par les syndicats et de permettre à nos enfants de jouir librement de leur droit à l’éducation.

Nous espérons que le gouvernement prendra les mesures idoines pour alléger les souffrances de nos braves populations et fera un bon qualitatif en ce qui concerne la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles. Ceci est d’autant plus attendu, surtout que la Commission qui devrait se charger de réfléchir sur ces réformes a été mise en place aux premières heures de cette année 2017. Ce travail, et c’est notre vœu le plus cher, devra tenir compte de la mise en œuvre des recommandations de la CVJR et des recommandations du HCCRUN. Nous souhaitons bon vent à cette commission. Que l’entente et l’intérêt supérieur de la Nation prévalent dans les discussions.

Au Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo, nous poursuivons notre combat pour l’atteinte de l’objectif « impunité zéro » au Togo. Nous  sommes prêts à collaborer avec toutes les forces vives de la nation dans ce sens. Nous appelons le gouvernement à nous donner des gages de volonté en ne promouvant pas les personnes liées à des exactions financières ou à des atteintes aux droits humains dans son ensemble. Vos apports, vos conseils et vos contributions nous seront d’une très grande utilité.

Bonne et heureuse année à nous  tous.

Que Dieu bénisse le Togo !

 

Spero Kodjo MAHOULE

Président du CACIT