TOGO: manifeste citoyen sur le dialogue : deuxième partie des réactions

Guy K. MISSODEY, Professeur de Lettres et Critique Littéraire : Mon avis par rapport au dialogue annoncé subit le cri du cœur et la voix de la raison. Tout togolais, patriote, ne peut que souhaiter la réussite de cette rencontre dont l’objectif final est de définir un cadre dynamique et consensuel de ‘’vivre ensemble’’ qui puisse servir ici et demain de catalyse dans le processus d’un réel développement de nos sociétés. Toutefois, l’une et l’autre partie, ne doivent pas se leurrer et croire que c’est une bataille gagnée d’avance. Ainsi, pour minoriser les embûches et donner une chance de réussite à ce dialogue, le préalable est de définir un ordre du jour contraignant à épuiser dans un délai également défini. Les décisions sorties du dialogue seront exécutoires suivant un chronogramme consensuel avec un ‘’Tableau de Bord’’ qui fonctionne comme un ‘’lanceur d’alerte’’.

Rev. Dr. JOHNSON-ANSAH Jorim, Pasteur, Vice-Président de la PCJV : Les dialogues au Togo ont une histoire. Une histoire très chargée avec toujours à la clé un goût d’inachèvement, de déception pour un camp et de triomphe pour l’autre. La déception, c’est toujours du côté de l’opposition puisque, après une trentaine d’années de luttes pour l’alternance, le Togo en est toujours au statu quo. Le triomphe pour le parti au pouvoir qui se gargarise des échecs de tous ces dialogues, échecs qui lui profitent et que le Gouvernement s’évertue pour la plupart du temps à ourdir. Voilà planté le décor du dialogue ! Cependant, on peut toujours garder espoir. La situation au Togo est délétère. Il faut que les parties en présence fassent des concessions pour faire avancer la démocratie et ouvrir les voies de l’alternance. On en est encore loin au vu des événements de ces derniers temps. Si seulement, l’actuel Président Faure GNASSINGBE peut décider, dans son amour pour le peuple, de ne plus briguer un quatrième mandant, il décanterait salutairement la situation. Un dialogue de plus, cela va changer dans tous les cas des choses, car il semble difficile que l’univers politique togolais demeure perpétuellement en l’état.

Dr. Jean Yaovi DEGLI, Avocat au Barreau de Lomé, Président de « Bâtir le Togo » : J’ai d’une façon générale foi en un dialogue, pour régler des problèmes qui surviennent entre les citoyens d’un même pays. J’ai, cependant, bien peur que le pouvoir qui ne veut faire aucune concession n’ait pas la volonté politique de trouver d’issue dans le dialogue, puisqu’il pense forcer le passage par le biais d’un référendum. Pour ce qui est des résultats escomptés, c’est bien évidemment la résolution de la crise en l’occurrence la limitation du mandat, la restauration des fondamentaux de la constitution de 1992 (2 tours, meilleure répartition des pouvoirs entre le président et le premier Ministre), une vraie séparation des pouvoirs, en plus d’une réorganisation des institutions et d’une mise en place des conditions pour garantir la transparence véritable des élections.

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